Les gardiens de musée
Hormis le con du K21, à Düsseldorf, qui était énervé avant moi et qui a été très désagréable avec moi, tous les gardiens m’ont aidé ou ont répondu à mes questions. J’en ai trouvé certains étranges. Le métier, selon les salles où ils sont, peut être spécial. La collègue du premier gardien dont je parle, elle était très sympa, elle m’a expliqué que je devais aller au 4e sur le toit pour la vue. Celui du K20 à Düsseldorf qui marchait, j’ai eu l’impression qu’il comptait ses pas. Je lui ai posé la question. Il m’a montré l’application qu’il utilisait, vers 15h, il avait fait plus de 17 mille pas. Au Museum Kunstpalast, à Düsseldorf, j’ai vu qu’il y avait un musée pour les enfants, j’y suis allée pour voir à quoi cela ressemblait. Le gardien m’a tendu, avec un sourire, un papier à remplir. Il a joué son rôle jusqu’au bout. Sur ce papier, j’ai dû écrire mon prénom, mon nom et ma classe (j’ai botté en touche en disant que j’étais trop vieille), j’ai mis le papier dans l’urne adéquate. Au Schifffahrt Museum, toujours à Düsseldorf, j’avais un t-shirt qui laissait voir mon tatouage. Les gardiens m’ont félicitée. Ils ont trouvé mon tatouage très beau. Au Kunsthalle Bremen, un gardien m’intriguait. Il marchait de façon très raide, il faisait un parcours métronomique.. À Berlin, je suis allée, au Martin-Gropius-Bau, voir une performance de Marina Abramović. Dans une salle, était représentée une forêt de bites, la gardienne regardait ses pieds. Dans une autre salle, un film tournait en boucle, il montrait des femmes qui se pressaient les seins. Les gardiens regardaient le plancher. Dans une autre salle, un homme était couché avec sur lui un squelette, la gardienne regardait fixement devant elle. Après ce musée, je me suis dit que le travail de gardien de musée pouvait ne pas être de tout repos.